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  Investir dans le développement
Le rapport principal
Préface
Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)
Dix recommandations principales
Pourquoi les objectifs sont importants
Processus en vue d'une réalisation des OMD au niveau du pays
Recommandations au système international concernant l'aide à apporter au niveau du pays
Les coûts et les avantages de la réalisation des OMD
Notes et références
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Recommandations au système international concernant l’aide à apporter au niveau du pays


Réformer le système de l’aide
Quelques mesures essentielles pour améliorer la fourniture de l’aide
Une percée sur le front du commerce mondial
Biens publics régionaux et mondiaux
Il faut commencer en 2005 : lancer une décennie de grandes ambitions

Biens publics régionaux et mondiaux

 

Les investissements à réaliser au niveau du pays, l’allégement de la dette et la réforme du régime commercial ne suffiront pas pour atteindre les OMD. Les stratégies nationales doivent être liées entre elles et avec des mécanismes internationaux de coordination en vue de la fourniture de biens publics régionaux et mondiaux.

Infrastructure et institutions régionales
Les voisins immédiats d’un pays sont généralement ses principaux partenaires commerciaux. Ces liens peuvent être renforcés par une infrastructure régionale mais aussi par la coopération sur les politiques suivies, et ces deux éléments sont d’importance critique pour la croissance économique et la réduction de la pauvreté quand la population du pays est faible, qu’il est sans littoral, insulaire en développement, ou fortement dépendant de ses voisins pour l’alimentation, l’eau ou l’énergie. De même, les bassins versants transfrontières, la désertification, la pollution de l’air et la diversité biologique sont des problèmes qui ne peuvent être traités que dans le cadre de stratégies régionales. Et comme bien souvent les conflits locaux ont des répercussions sur des régions entières ou sont alimentés par des tensions régionales, la gestion des conflits suppose une coopération régionale intensifiée pour déceler les risques de conflits avant qu’ils n’éclatent et pour mettre en oeuvre des réponses coordonnées, par les pays voisins, pour y mettre un terme.

Pour répondre à ces besoins, nous recommandons que quatre types de biens publics régionaux bénéficient d’une aide internationale et soient intégrés dans les stratégies nationales de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD :

  • L’équipement de transport, de l’énergie et de gestion de l’eau.
  • Les mécanismes de coordination de la gestion des problèmes environnementaux transfrontières.
  • Les institutions de coopération économique, notamment pour la coordination et l’harmonisation des politiques et procédures commerciales.
  • La coopération politique pour le dialogue régional et la recherche de consensus, dont le Mécanisme d’évaluation intra-africaine est un exemple.

Pour accroître la fourniture de biens publics régionaux il faut des investissements importants. Dans les pays à faible revenu, d’ordinaire, cela n’est possible qu’avec un financement extérieur. Les pays doivent également renforcer leurs institutions régionales en rationalisant leurs attributions et en conférant, au besoin, des éléments de souveraineté à de tels partenariats.

Mobiliser la science et la technologie au niveau mondial pour la réalisation des OMD
Les progrès scientifiques et techniques permettent aux sociétés de mobiliser de nouvelles sources d’énergie et de nouveaux matériaux, de lutter contre la maladie, d’accroître les récoltes, de mobiliser et diffuser l’information, de transporter les personnes et les marchandises à plus grande vitesse et avec plus de sécurité,
de limiter la taille de la famille aux dimensions souhaitées, et beaucoup d’autres possibilités encore. Ces technologies ne sont pas gratuites. Elle sont le fruit d’énormes investissements sociaux consacrés à l’éducation, la découverte scientifique et des projets technologiques bien définis.

Tous les pays à revenu élevé consacrent des investissements publics à la recherche scientifique et technologique. Malheureusement, les pays pauvres sont essentiellement des spectateurs, ou au mieux des utilisateurs, des progrès technologiques, pertinents pour eux, qui sont réalisés dans les pays riches. Les pays pauvres ont généralement une élite scientifique et technologique très limitée. Leurs chercheurs, leurs ingénieurs souffrent d’un déficit de financement chronique, et s’expatrient souvent pour trouver un emploi satisfaisant dans la recherche scientifique et le développement. Les entreprises privées, de plus, concentrent leurs activités d’innovation sur les problèmes et les projets des pays riches, car c’est là que les chances de profit existent.

Une stratégie de réalisation des OMD suppose donc un effort particulier, à l’échelle mondiale, pour renforcer les capacités scientifiques et techniques dans les pays les plus pauvres, tant pour accélérer leur développement économique que pour trouver des solutions aux problèmes scientifiques des pays en développement eux-mêmes. Il faut renforcer les institutions d’enseignement supérieur. Un effort mondial particulier est également nécessaire pour orienter la recherche-développement vers des problèmes qui se posent expressément dans les pays pauvres, la lutte contre la maladie, les problèmes climatiques, l’agriculture, l’énergie et la dégradation de l’environnement. Or, il existe des perspectives raisonnables de développement de nouveaux vaccins, de nouveaux médicaments contre le paludisme, le sida, la tuberculose et d’autres maladies mortelles dans les pays pauvres. Une amélioration des produits utilisés dans les soins de santé de la sexualité comprendrait notamment des microbicides, de nouvelles méthodes contrôlées par les femmes et des contraceptifs masculins. Une amélioration des variétés agricoles et des systèmes de culture est susceptible d’accroître la productivité des cultures vivrières pluviales. Une surveillance et une prévision précises des variables environnementales aideraient à choisir de préférence les mesures qui auraient l’impact le plus grand. On peut citer maints autres exemples des effets de la recherche scientifique et technique.

Pour résoudre les problèmes scientifiques les plus pressants, il faut accroître le financement public consacré directement à la recherche. Une estimation préliminaire amène à retenir le chiffre d’au moins 7 milliards de dollars par an, dont peut-être 4 milliards seraient consacrés directement à la santé publique (Commission “Macroéconomie et santé”, 2001). Un autre milliard de dollars irait à l’agriculture et l’amélioration de la gestion des ressources naturelles, avec, pratiquement, un triplement du budget actuel du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI). Un autre milliard de dollars environ iraient à l’amélioration des techniques énergétiques. Et peut-être un milliard de dollars seraient nécessaires pour mieux comprendre les effets saisonniers, pluriannuels et à long terme des changements climatiques.

Une stratégie internationale d’atténuation du changement climatique
Le changement climatique est, du point de vue du développement, un problème important et urgent. Si le réchauffement de la planète ne se ralentit pas, l’incidence des sécheresses et des inondations augmentera sans doute, les maladies à vecteur se propageront plus largement, et de nombreux écosystèmes, comme les mangroves et les récifs coralliens, seront sans doute gravement menacés. En bref, le changement climatique risque d’anéantir les bons résultats obtenus dans la lutte contre la maladie, la faim, la pauvreté et la dégradation de l’environnement.

Il faut d’abord bien comprendre le changement climatique et bien connaître les stratégies d’adaptation possibles au niveau des pays; mais il faut aussi atténuer les effets du changement climatique en stabilisant les émissions de gaz à effet de serre, en encourageant la séquestration du carbone et en aidant les pays à s’adapter aux effets de ce phénomène. Des mesures supplémentaires doivent être appliquées pour stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère dans un avenir proche. Comme il a été décidé à Johannesburg, c’est aux pays qui causent les problèmes qu’il incombe au premier chef d’atténuer les effets du changement climatique et de modifier les autres formes non viables de production et de consommation, par exemple la surpêche, qui menacent les pêcheries à l’échelle mondiale. Ces pays sont avant tout les pays riches et certains des pays à revenu intermédiaire à croissance rapide.

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