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  Investir dans le développement
Le rapport principal
Préface
Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)
Dix recommandations principales
Pourquoi les objectifs sont importants
Processus en vue d'une réalisation des OMD au niveau du pays
Recommandations au système international concernant l'aide à apporter au niveau du pays
Les coûts et les avantages de la réalisation des OMD
Notes et références
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Encadré 8
À grande échelle, l’aide est efficace quand elle est accordée correctement


La critique de l’aide prend des formes multiples. Certains auteurs prétendent que l’aide est essentiellement viciée car elle renforce les gouvernements, souvent corrompus, au détriment
du secteur privé. C’est le célèbre argument que défendait l’économiste britannique Peter Bauer, aujourd’hui disparu. Certains prétendent que l’aide n’est pas nécessaire car l’épargne et l’investissement privé peuvent et doivent être à l’origine de la croissance économique. Certains autres adoptent une position intermédiaire, à savoir que l’aide fonctionne quand elle est accordée à des pays bien gouvernés. C’est la conclusion de l’étude très influente signée Burnside et Dollar (2000).

Notre avis, argumenté dans le présent rapport, est que l’aide est le plus utile si elle est acheminée vers les pays qui en ont vraiment besoin (ceux, surtout, qui sont piégés dans la pauvreté) et vers des secteurs bien choisis (surtout l’infrastructure et le capital humain). Elle est le plus utile quand elle est accordée à des pays bien gouvernés. Et l’aide utilisée pour soutenir l’investissement public doit compléter l’épargne et l’investissement privé, plutôt que faire concurrence au capital privé.

Bien souvent, les conclusions négatives énoncées au sujet du lien entre l’aide et la croissance économique proviennent d’études de corrélation, portant sur plusieurs pays, entre la croissance économique et le volume de l’aide (ainsi que d’autres variables). On constate souvent que le volume de l’aide ne présente pas de corrélation statistique avec la croissance économique, ce qui amène certains auteurs à conclure que ”l’aide est inefficace” pour ce qui est de stimuler la croissance économique. Mais une importante lacune de ces études tient au fait qu’elles tendent à examiner les corrélations entre la croissance et le volume total de l’aide, sans prêter attention à la façon dont celle-ci est effectivement fournie. Plus précisément, une grande partie de l’aide prend la forme d’une assistance technique (pour les consultants dépêchés par le pays donateur), des coûts administratifs de la gestion des organismes bilatéraux et multilatéraux, et de l’aide alimentaire d’urgence. Il n’est pas vraiment surprenant que cette aide ne présente pas de corrélation avec la croissance économique dans le pays bénéficiaire. L’aide alimentaire en particulier est accordée au moment des crises profondes. Ainsi, un calcul de corrélation entre la croissance économique et l’aide alimentaire tendrait à prouver faussement que l’aide amène une diminution de la production vivrière, alors que la conclusion correcte est qu’une diminution de la production vivrière (causée par exemple par la sécheresse) suscite l’aide d’urgence.

Dans une importante étude nouvelle, Clemens et d’autres (2004) corrigent cette lacune typique en ne considérant que les volumes d’aide qui soutiennent effectivement les investissements et les services sur le terrain dans le pays bénéficiaire, en soustrayant donc l’aide d’urgence, l’assistance technique et les autres types d’aide qui ne se traduisent pas par des investissements et des services générateurs de croissance. Ces auteurs constatent que l’aide, si elle est correctement mesurée, contribue notablement à la croissance économique. Cela donne à penser que l’aide est efficace, si elle est bien ciblée et bien gérée, comme soutien direct aux investissements réalisés dans le pays. Bien entendu, il faut que le pays soit suffisamment bien gouverné pour que l’aide soit effectivement affectée à des investissements.

L’aide peut et doit être déboursée d’une façon qui rende cohérentes les incitations des donateurs comme des bénéficiaires à contribuer réellement à un vrai développement. Comme ce rapport l’analyse, il faut que la stratégie de versement de l’aide, pour réussir, comprenne une aide budgétaire aux stratégies nationales de réduction de la pauvreté reposant sur les objectifs du Millénaire pour le développement. Si dans le passé, la façon dont l’aide est répartie a posé des vrais problèmes, les gouvernements des pays riches comme des pays pauvres tirent actuellement les enseignements de leurs erreurs et s’attachent à trouver des moyens plus efficaces de fournir une assistance financière à ceux qui en ont le plus besoin.

En somme, l’aide étrangère peut jouer un rôle constructif énorme en stimulant la croissance et en contribuant à la réduction de la pauvreté si elle est correctement ciblée et gérée et orientée vers les équipements essentiels et le capital humain. Cette conclusion est confirmée par l’expérience du Mozambique, de l’Ouganda et de la Tanzanie, qui ont connu des améliorations spectaculaires de leurs secteurs sociaux financés grâce surtout à l’aide au développement. Le Mozambique est un succès particulièrement remarquable, au cours des 10 dernières années, puisqu’il a obtenu des taux réels moyens de croissance économique par habitant de plus de 5 %, en recevant une aide allant de 20 à 60 % de son PNB chaque année depuis 1993.

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