Les discussions sur la notion de gouvernance, dans le domaine du développement, confondent habituellement les intrants et les résultats. La “mauvaise gouvernance”, comme résultat, a deux causes profondes très différentes. La première est une équipe dirigeante réellement “corrompue”, où le pouvoir politique est détenu par des dirigeants voleurs ou brutaux. L’État est alors dirigé pour la seule fin d’un pillage exercé par une élite peu nombreuse, un groupe d’intérêts ou un groupe ethnique particulier. Dans les pires des cas, cette corruption devient endémique avec le temps. Ce sont des cas où l’équipe dirigeante n’a pas la volonté d’atteindre les objectifs de développement pour une grande partie de la population, et il n’y a alors aucun espoir réel de voir se produire une forte réduction de la pauvreté.
La deuxième cause, extrême, est une “gouvernance” fragile non pas en raison de la mauvaise volonté des dirigeants mais du fait que l’État n’a pas les ressources financières ni la capacité technique nécessaires pour gérer au mieux l’administration publique. Un grand nombre de pays parmi les plus pauvres, actuellement, se rangent dans cette deuxième catégorie : les gouvernements n’ont pas les ressources nécessaires pour bien gérer le secteur public. La solution, en pareil cas, est d’investir dans une amélioration de la gouvernance. Les domaines suivants doivent particulièrement être retenus :
- Promotion de la légalité. Les institutions juridiques et les institutions de gouvernement supposent que le parlement, la magistrature et l’exécutif aient suffisamment de ressources et un personnel compétent suffisant.
- Promotion des droits politiques et sociaux. Les OMD respectent les normes en matière de droits de l’homme qui, au niveau du pays, peuvent être constatées par un bilan des droits de l’homme qui revient à vérifier que les plans reposant sur les OMD respectent bien les principes en matière de droits de l’homme au niveau national.
- Une administration publique comptable de ses actes et efficace. L’amélioration des institutions de gouvernement dépend des systèmes par lesquels la classe politique et l’administration rendent compte de ses actes, agit de façon transparente, et avec la participation, en particulier, des pauvres.
- Adoption de politiques économiques judicieuses. Les décisions gouvernementales – concernant par exemple la conduite de l’économie, les investissements consacrés à l’équipement, la fourniture en l’absence de toute corruption de services publics – sont une condition du développement du secteur privé, comme l’a bien montré la Commission sur le secteur privé et le développement (Nations Unies, 2004), et le Rapport sur le développement dans le monde (Banque mondiale, 2005).
- Soutien fourni par la société civile. Les pouvoirs publics ont la responsabilité particulière de veiller à ce que la société civile ait bien la liberté politique nécessaire pour exprimer son avis, puisse participer à l’organisation et à l’examen des stratégies reposant sur les OMD et dispose de l’espace institutionnel nécessaire pour concourir à la mise en oeuvre des stratégies d’investissement public.
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