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  Investir dans le développement
Le rapport principal
Préface
Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)
Dix recommandations principales
Pourquoi les objectifs sont importants
Processus en vue d'une réalisation des OMD au niveau du pays
Recommandations au système international concernant l'aide à apporter au niveau du pays
Les coûts et les avantages de la réalisation des OMD
Notes et références
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Les coûts et les avantages de la réalisation des OMD


Les coûts et les avantages de la réalisation des OMD
Étoffer l’enveloppe financière consacrée à la réalisation des OMD
Les avantages attendus : une décennie de grandes ambitions est justifiée

Étoffer l’enveloppe financière consacrée à la réalisation des OMD

 

Comme il n’y a pas de solution générale au financement des OMD, on ne peut répondre à ces questions que moyennant des évaluations des besoins qui devront être effectuées au niveau de chaque pays. Dans une première tentative, le Projet Objectifs du Millénaire des Nations Unies a collaboré avec des organismes locaux de recherche pour dresser un bilan des besoins qu’impliquerait la réalisation des objectifs du Millénaire dans cinq pays, et il a fallu pour cela quantifier les besoins d’équipement, de formation de ressources humaines et les besoins financiers. Pour le Ghana, les investissements publics annuels nécessaires pour atteindre les OMD représentent 80 dollars par habitant en 2006, ce chiffre montant progressivement jusqu’à 124 dollars en 2015 (tableau 6). Les évaluations des besoins pour d’autres pays à faible revenu montrent un niveau semblable d’investissement à réaliser. Il est à noter que ce chiffre n’inclut pas la coopération technique consacrée à la création de capacités et à d’autres objectifs, ne comprend pas non plus l’aide d’urgence, et d’autres formes d’APD qui ne financent pas directement les coûts en capital et dépenses de fonctionnement résultant des interventions de réalisation des OMD.

Pour financer ces investissements, nous supposons une forte augmentation de la mobilisation des ressources intérieures, par une augmentation des dépenses publiques consacrées aux OMD, de quatre points de pourcentage du PIB jusqu’en 2015. Il faudra trouver ces ressources supplémentaires en élargissant la matière fiscale, par exemple au moyen d’une taxe à la valeur ajoutée, mais aussi en redéployant des dépenses actuellement peu prioritaires vers des investissements urgents dans la réalisation des OMD. Cette augmentation des ressources intérieures, quoique très forte à proportion du revenu intérieur, ne suffira pas pour atteindre les OMD dans les pays pauvres. Il faudra donc une augmentation de l’aide publique au développement.

Nos résultats donnent à penser que dans un pays typique à faible revenu, où le revenu moyen par habitant est de 300 dollars en 2005, le financement extérieur des interventions publiques devra être de l’ordre de 10 à 20 % du PNB. Pour ces pays, le coût de la réalisation des OMD devra être réparti à peu près également entre un financement intérieur et l’APD. Pendant ce temps, les pays à revenu moyen pourront financer essentiellement tous les investissements nécessaires pour les OMD sans avoir recours à un financement extérieur – à moins qu’un endettement excessif ne les en empêche. Dans certains cas, il faudra peut-être ajuster les besoins d’excédent budgétaire primaire pour permettre aux pays d’accroître les investissements publics consacrés aux OMD. Des niveaux modestes d’APD seront peut-être nécessaires pour aider certains pays à revenu moyen à venir à bout de « poches de pauvreté » particulièrement récalcitrantes.

Selon nos estimations, le coût total du déficit de financement des OMD dans l’ensemble des pays à faible revenu serait de 73 milliards de dollars en 2006, ce chiffre augmentant progressivement à 135 milliards de dollars en 2015 (tableau 7). Pour les pays à revenu moyen, le coût de financement des OMD s’élèverait à 10 milliards de dollars d’appui direct pour les investissement des OMD. Outre ces dépenses directes consacrées aux OMD, il faudrait couvrir les coûts supplémentaires aux niveaux national et international, consacrés aux dépenses de renforcement des capacités des organismes bilatéraux et multilatéraux, aux dépenses consacrées à la recherche scientifique et technique, à l’allégement de la dette et autres domaines. Au total, nous constatons que les besoins d’APD pour réaliser les OMD sont de l’ordre de 121 milliards de dollars en 2006, ce chiffre passant à 189 milliards de dollars en 2015, compte tenu des augmentations du cofinancement national. Nos résultats montrent que d’ici à 2015 de nombreux pays auront comblé leur déficit de financement des OMD (carte 8).

Au tableau 8, nous estimons le niveau plausible de l’ensemble des flux d’APD correspondant à la réalisation des OMD, en procédant, sur les chiffres du tableau 7, à trois ajustements. D’abord, nous reconnaissons qu’en dehors des OMD, l’APD prend d’autres formes dont la poursuite est justifiée. Deuxièmement, nous admettons qu’une partie des besoins découlant des OMD seront satisfaits par la reprogrammation d’une partie de l’aide actuelle, plutôt que par une augmentation de celle-ci. Troisièmement, nous admettons que certains pays, mal gouvernés, ne recevront pas un supplément d’aide. Moyennant ces trois corrections, nous suggérons que le niveau plausible du montant total de l’APD, pour les OMD, nécessaire durant les 10 prochaines années sera de 135 milliards de dollars en 2006, pour s’élever à 195 milliards de dollars en 2015. Ces chiffres représentent 0,44 et 0,54 % du PNB total des donateurs.

Ces estimations de l’APD donnent à penser que les donateurs devraient se préparer à doubler, entre 2006 et 2015, par rapport aux niveaux actuels, le rapport de leur APD à leur PNB. En d’autres termes, le rapport de l’APD au PNB des donateurs devrait être de 0,5 % du PNB ou plus, soit à peu près deux fois le niveau actuel. Comme nos calculs des besoins d’APD laissent de côté plusieurs catégories importantes d’aide qui persisteront sans doute à l’avenir – grands ouvrages d’équipement, dépenses nouvelles consacrées à l’adaptation aux changements climatiques, reconstruction après les conflits, et autres grandes priorités géopolitiques – nous estimons que les donateurs devraient s’engager à atteindre enfin l’objectif établi de longue date de 0,7 % du PNB en 2015. Environ trois quarts de cette APD seraient alors orientés vers la réalisation des OMD, le reste vers d’autres besoins.

Bien qu’elles ne soient pas suffisantes en soi, ces augmentations importantes de l’aide sont nécessaires pour que les pays atteignent les OMD. Tout comme les pays en développement doivent honorer leurs engagements d’améliorer la façon dont ils se gouvernent, les pays riches doivent remplir les promesses faites à Monterrey, en faisant des “efforts concrets pour se rapprocher de l’objectif consistant à consacrer 0,7 % de leur produit national brut à une APD versée aux pays en développement”. Pour atteindre ces OMD, les donateurs doivent s’engager de façon crédible à long terme à augmenter sensiblement leur APD, l’accès à une aide financière accrue dépendant de la qualité des stratégies de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD et d’un engagement crédible des pays concernés d’entreprendre les réformes nécessaires.

Cinq pays riches ont déjà atteint l’objectif de 0,7 %, tandis que six autres se sont engagés à le faire à une date déterminée (encadré 11). Mais même si tous les engagements actuellement pris sont honorés au cours des cinq prochaines années, il y aura encore un déficit de financement important. Dans le cadre de plusieurs initiatives, des mécanismes de financement novateurs sont à l’étude; ils permettraient de surmonter les contraintes budgétaires impliquées par une augmentation rapide des volumes de l’aide. Parmi ces initiatives on mentionnera la Facilité de financement internationale (FFI) proposée par le Gouvernement britannique, qui à nos yeux paraît la proposition la plus élaborée à ce stade pour réaliser une augmentation rapide de l’aide au développement.

Cette Facilité serait limitée dans le temps; les moyens de financement ainsi dégagés permettraient au moins de doubler l’aide au développement versée entre maintenant et 2015. Ce serait un moyen de lever des fonds supplémentaires sur les marchés internationaux de capitaux en émettant des obligations qui seraient gagées sur des engagements juridiquement contraignants pris, pour le long terme, par les donateurs. La Facilité répond à la nécessité d’une accélération rapide de l’aide, celle-ci étant plus importante dans les premiers temps, sans placer de contrainte indue sur les budgets des pays riches tout en permettant aux pays donateurs d’atteindre d’ici à 2015 l’objectif de 0,7 % de leur revenu national brut.

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